Le Criollo

 

Histoire du Criollo :

Les origines du Criollo remontent à Christophe Colomb, en effet ils sont les descendants directs des chevaux espagnols importés par les colons lors de leur recherche du nouveau monde…                                
Le fondateur de Buenos Aires, Don Pedro Mendoza, fait parti de ces conquérants espagnols qui rapportèrent des chevaux en Amérique du Sud durant le XVIème siècle.
Composée principalement de chevaux pure race espagnoles, andalous, portugais et barbes, la race Criolla a pu voir le jour. C’est en se sauvant et en étant abandonnés que ces chevaux sont retournés à l’état sauvage, la nature a fait son choix : seul les plus fort, les plus rustiques, les plus costauds survivraient.                                           
C’est grâce à cette sélection naturelle très rigoureuse que leur reproduction aboutit sur une race naturellement résistante, en tout temps, en toutes conditions ; ne craignant aucune maladie.
Durant les 4 siècles qui ont suivit ce retour à l’état sauvage, le criollo s’adaptât à son environnement ; les plaines sud américaines n’étant pas toujours le plus agréable des habitats. Ils devinrent ainsi  l’une des races des plus robustes et des plus endurantes du monde.
Les indiens d’Amérique du Sud ont été les premiers à apprivoiser ces chevaux sauvages, puis les Gauchos. On dit d’ailleurs que le Criollo est l’indispensable compagnon du Gaucho, il est son moyen de transport, mais surtout son cheval de travail pour le tri du bétail… Sans son Criollo le Gaucho n’est rien.
C’est M. Emilio Solanet qui définit les caractéristiques de la race Criolla, en 1918 un stud book est ouvert, et les criollos y étant admis sont notés suivant un barème du degré de proximité aux normes fixées. L’arrivée de chevaux nord américains et européens, a d’autant plus motivé les passionnées et éleveurs de la race Criolla, à respecter les critères rigoureux de sélection pour conserver toutes les caractéristiques exceptionnelles de ce cheval. L’élevage de M. Solanet se trouve près d’Ayacucho (Argentine), il est constitué de près de 300 têtes vivant en totale liberté sur des centaines d’hectares, car c’est ainsi qu’on élève un criollo, « en liberté ».    

 

Le débourrage du Criollo :

En Argentine, les chevaux sont élevés de la manière la plus naturelle possible. Ils ont plusieurs centaines d’hectares, ils vivent en troupeaux et voient le moins possible l’homme. Les jeunes chevaux en âge d’être débourrés sont séparés du troupeau et ramenés à l’Estancia c’est là qu’ils vont pour la première fois être en contact avec l’homme. Le débourrage sera brutal voir même violent vu que le jeune criollo est sauvage et n’a jamais vu l’homme, il sera nécessaire d’être ferme, il sera sellé et bridé, puis attaché à un autre Criollo (plus âgé et expérimenté, il connait son métier et sait exactement ce qu’il doit faire) puis un jeune homme sera mis sur son dos, les deux cavaliers et les deux chevaux partiront ainsi dans la pampa jusqu’à ce que le jeune Criollo cesse de ruer… il pourra ainsi commencer son nouveau métier, « cheval de travail ».
De nos jours les méthodes changent, elles sont de plus en plus inspirées des méthodes éthologiques, des nouveaux maitres ou chuchoteurs selon comment vous voulez les appeler, elles se répandent à travers le pays, Martín Hardoy, dresseur célèbre en Argentine utilise ces méthodes pour le débourrage des jeunes chevaux, il y a aussi au Chili Victor Vega, surnommé « El Domador ».
Mais il n’en demeure pas moins que c’est en étant dressé comme cheval de travail que le Criollo pourra le mieux vous satisfaire, c’est ainsi qu’on en fait un cheval de loisir hors paire, docile, confiant, passe partout, maniable, polyvalent… Un compagnon idéal.   

 

Caractère et morphologie  du Criollo :

Le Criollo est un petit cheval, il ne dépassera pas le mètre cinquante, sa taille doit se situer entre 1m40 et 1m45-47 maximum, la taille idéale pour la randonnée. Ce sont des chevaux très costauds et surtout très porteurs, c’est un cheval plutôt compact !!! Ils sont musclés et ont de petits sabots très résistants, une corne dure.
Toutes les couleurs existent chez le Criollo, ainsi que toutes les sortes de listes et balzanes, il n’est donc pas difficile de trouver son bonheur. Ils ont des crins abondants (queue et crinière). Ainsi qu’une durée de vie bien supérieure aux autres chevaux plus courants, il est fréquent de rencontrer des sujets âgés de plus de 40 ans. Un Criollo c’est avant tout un indépendant, autonome et très persévérant ; beaucoup de gens les trouvent trop sauvages, alors qu’il suffit simplement de savoir lui parler pour qu’il devienne tout un coup un cheval beaucoup plus proche de l’homme appréciant caresses et attention.   

 

Utilisation du Criollo :

Comme dit précédemment le Criollo est avant tout un cheval de travail pour le tri du bétail. Il est devenu par la suite un compagnon de jeu, ainsi les gauchos et leurs montures se prêtaient à toutes sortes de jeu (c’est toujours le cas aujourd’hui) :
La Paleteada, le rodéo chilien, le pato, le polo …
Mais le Criollo est un cheval extrêmement polyvalent, il se montre aussi doué pour des disciplines plus connues chez nous, tel que dressage, saut d’obstacle, TREC, randonnées, équitation western…
L’épreuve la plus impressionnante à laquelle participent les Criollos (que les criollos), c’est une course… Une course d’endurance, organisée par les éleveurs de Criollos en Argentine. Des courses qui peuvent atteindre 750km, à parcourir en seulement 14 jours. Les chevaux sont lourdement chargés 110kg en moyenne, et ne peuvent se nourrir que de l’herbe rencontrée sur la route… Pour être sûre que les chevaux aient bien le même niveau de travail, ils sont tous mis 15 jours au pré juste avant le départ. Une fois à l’arrivée (pour ceux qui n’ont pas été éliminé par les juges ou bien arrêté par les vétérinaires) les chevaux sont légèrement amaigris, mais ils sont toujours aussi vifs et alerte qu’à leur départ !

 

Une histoire extraordinaire :

Le Criollo pourrait être considéré comme l’un des meilleurs chevaux de voyage, sa robustesse l’a en effet rendu très célèbre dans les années 1925-30…
Grâce à un homme, Aimé Félix Tschiffely, professeur, écrivain et aventurier passionné, il a un jour décidé de relier Buenos Aires à Washington D.C. à cheval, bien qu’il ne soit devenu cavalier que peut de temps avant cette décision, il décida en plus de choisir deux Criollos sauvages, complètement sauvages ! Il était âgé de 29 ans à l’époque, et ses deux chevaux de 15 et 16 ans…
Les journaux le faisaient passer pour un fou en qualifiant son expédition d’impossible et d’absurde. A. F. Tschiffely n’a jamais portée d’attention à tout ça, et se préparait pour parcourir ses 16000 km.
Le plus difficile à certainement dû être leur débourrage, Mancha et Gato étant complètement sauvage, et surtout très agressifs…
Il leur a fallu 3 ans pour accomplir leur périple et ainsi prouver qu’ils en étant capables (de 1925 à 1928), un parcours long, difficile, parfois extrêmement dangereux, mais un beau voyage, composé de doux moments solitaire, et d’une belle amitié entre deux chevaux sauvages et un aventurier impétueux.
Les deux chevaux sont ensuite retournés en Argentine pour reprendre leur liberté, 10 ans après, A. F. Tschiffely leur a rendu une dernière visite, et malgré leur retour à l’état sauvage Mancha et Gato l’on reconnu et ont accouru lorsqu’il les a appelé. Mancha et Gato sont respectivement mort âgés de 40 et 36 ans…

Comme quoi tout est possible !